Jour 5, Sayabec, 407 km.
(Nous profitons de cette journée de congé à Sugarloaf pour vous mettre au fait des péripéties des derniers jours…)
Ce matin-là, en partant de Rimouski, le ciel était morose - et nous espérions que son humeur ne serait pas contagieuse. Car cette journée allait être notre première de pluie et de ciel gris. Et sans vouloir me l’avouer, je redoutais ce test.
De Rimouski à Sainte-Flavie, la mer déchaînée nous a jeté un vent féroce en plein visage. Pendant près de trois heures, nous avons de peine et misère bravé le vent, roulant à 9 km/h… Mais le moral tenait bon - même quand c’est nous qui avions du mal à tenir en équilibre sur nos vélos.
Et pour les détracteurs de l’éolien, nous avons de petites nouvelles…
Motivées par l’espoir d’un Tim Hortons à Mont-Joli (espoir qui ne serait pas vain), nous avons poursuivi notre chemin, chantant (hurlant) dans le vent, s’échangeant la tête à chaque kilomètre. La vie est simple.
Après la meilleur soupe chaude de l’histoire (ainsi que des sandwichs et beaucoup trop de biscuits), nous avons repris la route.
*Anecdote de Josianne:
Comme il s’était mis à pleuvoir de plus belle et qu’il faisait toujours froid, Andrée a décidé de mettre un polar en dessous de son manteau. Puisqu’elle ne voulait pas enlever son casque (qui était par dessus son capuchon de manteau, c’était déjà très élégant), je l’ai aidée à enlever ses manches: elle avait l’air d’un poulet qui se débattait. Mais là où les clients du Tim Hortons (qui nous regardaient déjà du coin de l’oeil) ont du être vraiment perturbés, c’est lorsqu’elle a commencé à faire Superman, manteau en guise de cape (voir photo). *
Après Mont-Joli, nous sommes entrées dans la vallée de la Matapédia. De descentes en montées spectaculaires (en faisant attention aux camions), nous nous sommes finalement rendues à Sayabec, dont l’emblème est le castor. Là, les gens nous ont dirigées vers le Parc Pierre-Brochu, qui sera ce vendredi envahi par les pêcheurs. C’est donc sur le bord du lac Matapédia, après un bon steak-tomates-poivrons (ce qu’il y a de bien en vélo, c’est que les repas sont toujours excellents), que nous avons campé, après une journée de 86 km - qui nous auront pris 6h30 à pédaler.
Inutile de dire que nous avons dormi comme des bûches (sauf Josianne qui a fait un cauchemar:).