Jour 11, Bathurst, quelque chose comme 670 km.
**Fait #67: Ici, en Acadie, tout est bilingue. Malheureusement, ce clavier ne semble pas le savoir. Merci de votre indulgence envers lui. Bon, c’est réglé. Y’en n’a pas d’problèmes, en Acadie!**
“Prenez votre temps pour commencer, les filles, il n’y a pas de presse…”
Évidemment, malgré tous les bons conseils que nous avons reçus, nous sommes parties comme des defoncées, toutes exaltées que nous étions d’enfin pédaler (c’est que ca faisait longtemps qu’on le préparait, ce voyage!). Vous connaissez la suite: les genoux ne suivent pas, le syndicat rentre la-dedans et la, la crainte s’installe…
Mais plutôt que de se mettre du plomb dans l’aile, nous nous en sommes mis un peu dans la tête: après deux jours et demi de repos a Sugarloaf (dans un parc magnifique, gratuitement parce que le camping n’était pas encore ouvert, veillées par un gardien des plus attentionnés. Péripéties: un écureuil a rendu Josianne complètement folle (en plus de grignoter notre sac de manger) et Andrée s’est baignée dans la rivière limpide… et glaciale), nous avons roulé, sous un soleil radieux et une température de 28 degrés, jusqu’à Dalhousie, seulement 30 km plus loin. La, nous avons campé (encore gratuitement, et encore avec des monsieurs attentionnés) au bord de la Baie des Chaleurs, qui à cet endroit exact s’ouvre majestueusement entre les côtes gaspésienne et acadienne.
Ce matin, nous sommes parties toutes pimpantes de Dalhousie, et nous avons fini par arriver à Bathurst, où Andrée a visité de nouveau un physio (Sylvie Ruest, qui a contribué à notre traverséee en la traitant gratuitement) tandis que Josianne oubliait sa clé de cadenas et se retrouvait coincée à la bibliothèque. Mais soyez rassurés: même si Josianne est probablement incurable (elle perd-retrouve ses trucs au moins 40 fois par jour), ses genoux se portent à merveille, et ceux d’Andrée, de mieux en mieux. En effet, avec tous vos bons conseils (merci à tous les cyclistes, papas, mamans et au chiropraticien Gilles Beaudoin, qui nous ont écrit - et rassurées) et les constats de ceux qui nous ont traitées, nous avons conclu que nous étions parties en (un peu trop) grande. Même si cela nous est difficile, nous allons modérer un peu nos transports… Après tout, pas le temps de se blesser: nous avons un Canada à franchir!
En ce moment, il pleut (pour la deuxième fois en 11 jours, pas si mal) à boire debout et nous avons été invitées à dormir au sec par la bibliothécaire, une adepte du vélo. Il faut savoir qu’en Acadie (et dans toute la partie du Nouveau-Brunswick que nous avons visitée jusqu’à date), les gens sont des plus avenants! Ce qui a amené Josianne à ce constat, hier, avant d’aller manger une crème glacée: Si tout le monde était comme l’Acadie, il n’y en aurait pas, de problèmes, dans le monde!
Comme il nous reste peu de temps et que nous espérons mettre des photos, voici quelques faits et constatations en vrac, pour votre plaisir:
On sait qu’on n’est plus au Québec quand…
… la musique qui joue dans l’épicerie, c’est du country.
… il faut chercher longtemps pour trouver des petits drapeaux de la province (à coudre sur nos sacoches), ou bien qu’on en trouve seulement du Canada.
… “église” ne signifie plus “dépanneur a côté”.
… les côtes deviennent des buttes, et le plat devient planche.
… il n’y a plus de whippet dans les épiceries…
… ni de fromage qui fait couic couic.
Fait surprenant #72: Le Nouveau-Brunswick (600 000 habitants) est la seule province bilingue du Canada! Ici, les arrêts sont vraiment des arrêt stop!
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Merci de nous suivre et de nous encourager! En espérant réussir à vous transmettre seulement une parcelle de notre plaisir et de notre émerveillement…