Jour 95, Orillia, 8212 km
Calgary, il y a un peu plus d’un mois. L’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario s’etendaient devant nous, impossibles a replier de maniere convenable et sans se dechirer, comme toute bonne carte routiere digne de ce nom. Avec 4500 kilometres sous nos roues et tout autant a faire, l’espace nous semblait grand, et le temps, petit. Armees de bouts de ficelle et de determination, nous tentions de tracer notre route, notre propre transcanadienne, celle qui nous menerait a Quebec. Aujourd’hui, a un peu moins de mille kilometres de la maison (ce qui serait exprime en milles ou en minutes, voire en secondes, sur les panneaux d’ici, puisque l’Ontario semble avoir abandonne les bornes kilometriques), nous regardons derriere, et devant, et nous avons peine a y croire: bientot, nous aurons realise notre reve.
Mais ne parlons pas de retour tout de suite. Car ces longues journees, depuis la Saskatchewan, n’ont pas ete depourvues d’aventures, et loin de nous l’idee de les negliger. Et pour les insatiables, une entree de photos suivra celle-ci.
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Avouons-le d’emblee: l’Ontario nous foutait les jetons. Une enorme province qui monopolise une carte du CAA a elle seule; peu de routes (surtout dans la partie nord), toutes reputees dangereuses; beaucoup de montagnes, peut-etre autant de mouches et d’ours; du bois, du bois, de l’ennui; et, il faut le dire, quelques idees preconcues.
On dit souvent que l’Ontario, c’est le Canada - pour le meilleur et pour le pire. Et c’est vrai, dans une certaine mesure. “Rebienvenue a Terre-Neuve!” devant la cote interminable. “Ouh, celle-ci fait davantage Nouvelle-Ecosse”. “Oh, on dirait l’Ile-du-Prince-Edouard” parmi les vallons. “Saskatchewaaaaaa-aaaaaaaa-aaaaaan!” pres des champs de ble. “Cette vallee-la, c’est comme au Manitoba”, champs de tournesol en moins. “Ah bein y’a toujours moins de mouches qu’a Sicamous”. “Te rapelles-tu, en Alberta…”. “Les gens parlent francais, c’est comme au Nouveau-Brunswick!”. “Heille, sais-tu quoi? Ce petit chemin de comte, ca ressemble aux rangs de St-Nic ou je vais pedaler…”
Peut-etre que c’est vrai. Peut-etre que l’Ontario rassemble vraiment un petit peu de tout ce qui fait le Canada.
Peut-etre que finalement, le seul defaut de l’Ontario, c’est d’etre la derniere.
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Il fallait que ca arrive au moins une fois: l’ordinateur a mange tous nos efforts. A plus tard (encore), donc, les joies de l’Ontario.
Pour ceux qui se le demandent: nous devrions etre de retour le 15 aout. Endroit precis et heure a confirmer.
Merci de nous suivre et de nous encourager! (On vous donne des photos des qu’on le peut, promis!)