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	<title>Moïse Marcoux-Chabot</title>
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	<description>"Je ne cherche à montrer que ce que j'ai appris à voir"</description>
	<pubDate>Wed, 31 Oct 2007 04:08:35 +0000</pubDate>
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		<title>Site périmé</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Oct 2007 04:08:35 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Bonjour.
Ce site est inactif depuis un bon moment. Le nom de domaine moisemarcouxchabot.net ne sera bientôt plus renouvelé.
Rendez-vous plutôt sur www.moisemarcouxchabot.com .

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			<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour.</p>
<p>Ce site est inactif depuis un bon moment. Le nom de domaine moisemarcouxchabot.net ne sera bientôt plus renouvelé.</p>
<p>Rendez-vous plutôt sur <strong><a href="http://www.moisemarcouxchabot.com">www.moisemarcouxchabot.com</a></strong> .
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		<title>Cuba, une île, un homme ?</title>
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		<pubDate>Sat, 13 May 2006 03:27:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrator</dc:creator>
		
	<category>Cuba</category>
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		<description><![CDATA[La population de Cuba approche 11.5 millions d&#8217;habitants. Un seul d&#8217;entre eux est connu mondialement. Tristement, il est surtout mondialement méconnu.
Fidel Castro fêtera bientôt son 80e anniversaire. Même à cet âge honorable, il poursuit avec la même persévérance la révolution sociale entamée en 1959. Dictateur coupable de crimes contre l&#8217;humanité pour les uns, grand humaniste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La population de Cuba approche 11.5 millions d&#8217;habitants. Un seul d&#8217;entre eux est connu mondialement. Tristement, il est surtout mondialement méconnu.</p>
<p>Fidel Castro fêtera bientôt son 80e anniversaire. Même à cet âge honorable, il poursuit avec la même persévérance la révolution sociale entamée en 1959. Dictateur coupable de crimes contre l&#8217;humanité pour les uns, grand humaniste méritant le Nobel de la paix pour les autres&#8230; S&#8217;il est rare d&#8217;avoir affaire à une opinion à propos de Cuba qui soit nuancée, le débat semble irrémédiablement polarisé entre deux extrêmes lorsque c&#8217;est Fidel Castro qui en est l&#8217;objet. Question de rendre encore plus ardue la tâche de celui ou celle qui essaie de comprendre un peu ce qui se passe à Cuba, le discours porté par les médias et les agences de presse est incapable de dissocier le pays et le chef d&#8217;état. À croire que Cuba est Castro et que Castro est Cuba. Évidemment, quand on n&#8217;a accès qu&#8217;à cette vision, on en vient à s&#8217;imaginer que Fidel Castro est seul dans un grand palais à donner des ordres, dirigeant d&#8217;une main de fer une révolution en laquelle il est seul à croire. Et surgit inévitablement la question fatidique. Que deviendra Cuba après le départ de Castro ?</p>
<p>Je suis arrivé là-bas avec cette question en tête moi aussi. J&#8217;aurais pu m&#8217;attendre à retrouver Fidel Castro à tous les coins de rue, sous chaque pavé, derrière chaque palmier. Mais non. Il n&#8217;accueille pas les visiteurs à l&#8217;aéroport. Il ne conduit pas les autobus. Il ne parle pas à la place des fonctionnaires. Il ne cuisine pas les repas. Il ne signe pas tous les articles des journaux. Il n&#8217;apparait pas à la télévision à toutes les cinq minutes. Son portrait n&#8217;est pas affiché sur les façades d&#8217;immeubles et les panneaux routiers. À croire qu&#8217;il est déjà parti.</p>
<p>Pourtant. Les deux personnages les plus en vue à Cuba sont disparus depuis longtemps déjà. Il y a Ernesto &#8220;Che&#8221; Guevara, l&#8217;argentin internationaliste, héros de la révolution cubaine, exécuté en 1967 en Bolivie sous les ordres de la CIA qui n&#8217;appréciait pas trop le mouvement révolutionnaire qu&#8217;il tentait de mettre en place là-bas. Les statues, les portraits et les citations du Che ne manquent pas à Cuba. Il est devenu un héros national, un modèle pour les jeunes, un symbole pour tous. Ce qui est bien, c&#8217;est que là-bas ceux qui portent un t-shirt du Che savent comment il a vécu, comment il est mort, ce qu&#8217;il a fait pour son pays d&#8217;accueil et pour quelle cause il a donné sa vie. Non, c&#8217;est faux, ils ne le savent pas tous. Beaucoup de touristes ignorants pensent seulement que son visage est très esthétique sur un fond rouge.</p>
<p>L&#8217;autre personnage dont seul un vacancier enfermé dans son tout-inclus pourrait ignorer l&#8217;existence après deux semaines sur l&#8217;île, c&#8217;est le poète José Martí (1853-1895). Mort au combat dans la guerre d&#8217;indépendance livrée contre l&#8217;Espagne, José Martí est le véritable héros cubain. Sa pensée a inspiré les révolutionnaires de 1959 et continue de guider les jeunes et les moins jeunes vers une société plus juste, plus égalitaire, plus humaniste. Ses écrits ont contribué à former la pensée politique du Che, ses citations sont dans la bouche de chaque Cubain. Et dans chaque discours de Castro.</p>
<p>Justement. J&#8217;étais sur la Place de la Révolution de La Havane le 1er mai, pour le jour des travailleuses. Devant moi, l&#8217;immmense mémorial de José Martí. Derrière, à l&#8217;autre extrémité de la place, le visage du Che sur la façade du Ministère de l&#8217;intérieur. À une vingtaine de mètres en face de moi, Fidel Castro, 79 ans, en pleine forme, qui pendant près de 3h30 s&#8217;est adressé à la foule. Quelle foule. Malgré les figures mythiques qui surplombaient la place, la présence la plus imposante était celle des Cubains et des Cubaines. Des centaines de milliers, un million, un million et demi, difficile à dire. Mais beaucoup.</p>
<p>J&#8217;avais déjà commencé à comprendre, mais tout s&#8217;est éclairci ce jour-là. Après  Castro ? La révolution continue. &#8220;Hasta la victoria, siempre!&#8221; C&#8217;est ce qu&#8217;on dit, non ? Ce n&#8217;est pas Fidel qui tient le pays à bouts de bras, mais le pays qui pousse dans le dos de Fidel. Tous les travailleurs et travailleurs venus écouter son discours. Les vieux qui se rapellent comment la vie était dure sous Batista. Les hommes et les femmes qui ont vu les résultats concrets de la révolution. Les jeunes qui ont passé à travers la période spéciale et qui, prenant conscience de tout le chemin qui a été accompli, ne veulent pas retourner en arrière mais continuer à avancer. Après Fidel, il y aura toujours Raoul, Ricardo, Julio, Eva, Barbaro, Dan, Miguelito, Tito, Chang&#8230; Des gens qui se souviendront de Martí, Che, Cienfuegos, Castro et n&#8217;abandonneront pas le combat. Cuba mériterait peut-être plus que le Québec d&#8217;avoir une devise qui a de la mémoire. Mais même si cette nation  a le passé en tête, son regard est bel et bien tourné vers l&#8217;avenir. Un regard fatigué, peut-être, mais qui voit clair et loin.</p>
<p>***</p>
<p>Une petite histoire à propos de Fidel Castro. La nouvelle a beaucoup circulé. Le magazine Forbes a établi son classement annuel des chefs d&#8217;état les plus riches au monde. Fidel serait au septième rang, avec une fortune évaluée à 1,4 milliards de dollars. Pour constater pourquoi ces chiffres sont absurdes et font partie d&#8217;une campagne de salissage internationale mais comment la presse internationale a collaboré a colporter la nouvelle (volontairement ou non), je recommande de lire cette analyse réalisée par Philippe Leroux:</p>
<p><a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/documents/forbes_et_la_fortune_de_fidel.pdf">&gt; Forbes et la fortune de Castro: histoire d&#8217;une supercherie mondiale</a></p>
<p>Réagissant, Fidel s&#8217;est défendu en compagnie de nombreux invités dans une émission spéciale de quatre heures trente. Voici sa réponse:</p>
<p>&#8220;Toute ma fortune, M. Bush, tient dans la poche de votre chemise. Je ne suis pas né totalement pauvre. Mon père possédait des milliers d&#8217;hectares de terre. A la victoire de la révolution, toutes ces terres ont été remises aux paysans. Je mets au défi le président Bush, la CIA, les 33 organes de renseignements des États-Unis, les milliers de banques dans le monde, les larbins du magazine Forbes, de prouver que je possède un seul dollar à l&#8217;étranger. En échange d&#8217;une seule preuve, je leur offre, je leur fais cadeau de tout ce qu&#8217;ils ont toujours recherché. Ils ont voulu m&#8217;éliminer, ils n&#8217;ont pas pu, ils ont voulu me faire abandonner la révolution, je les mets au défi de prouver ce qu&#8217;ils ont dit. Trouvez-moi un compte et je démissionne. S&#8217;ils prouvent que j&#8217;ai un seul dollar, je renonce à ma charge et aux fonctions que j&#8217;occupe.&#8221;</p>
<p>***</p>
<p>Les cinq premières photos sont du 1er mai à la Place de la Révolution, la sixième a été prise au mémorial du Che de Santa Clara.</p>
<div align="center"><a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba/F1010003.JPG"><img width="100" height="100" src="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba_th/F1010003.JPG" /></a><br />
<a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba/F1010008.JPG"><img width="100" height="100" src="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba_th/F1010008.JPG" /></a><br />
<a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba/F1010010.JPG"><img width="100" height="100" src="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba_th/F1010010.JPG" /></a><br />
<a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba/F1010011.JPG"><img width="100" height="100" src="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba_th/F1010011.JPG" /></a><br />
<a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba/F1010017.JPG"><img width="100" height="100" src="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba_th/F1010017.JPG" /></a><br />
<a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba/F1030004.JPG"><img width="100" height="100" src="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba_th/F1030004.JPG" /></a></div>
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		<title>Cuba, une première partie</title>
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		<pubDate>Tue, 09 May 2006 01:31:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrator</dc:creator>
		
	<category>Cuba</category>
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		<description><![CDATA[Je serai bref. Ce ne sera ni par volonté ni par nécessité. Cette brièveté ne se constatera pas dans le nombre de mots utilisés ou dans la longueur des phrases rédigées, mais à bien à la mesure de toutes les informations et les émotions qu&#8217;il y aurait à transmettre. Une brieveté bien loin de ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je serai bref. Ce ne sera ni par volonté ni par nécessité. Cette brièveté ne se constatera pas dans le nombre de mots utilisés ou dans la longueur des phrases rédigées, mais à bien à la mesure de toutes les informations et les émotions qu&#8217;il y aurait à transmettre. Une brieveté bien loin de ce que je voudrais exprimer, de tout ce que le monde a encore a connaître et à comprendre de Cuba.</p>
<p>J&#8217;ai subi un lavage de cerveau à Cuba. Subi avec grand plaisir un lavage qui m&#8217;a fait un bien immense. Un nettoyage comme celui-là, ça décrasse les neurones et ça désembrume l&#8217;esprit. Bien que très fatigué physiquement, je ne crois pas m&#8217;être déjà senti aussi éveillé. Ça fait du bien. Parce qu&#8217;on peut dire ce qu&#8217;on veut, se croire allumé et conscientisé, mais une bonne douche froide, ça réveille. Dans le contexte, c&#8217;était plutôt une chaude averse tropicale, socialiste et solidaire.</p>
<p>J&#8217;avais besoin d&#8217;un nettoyage de cerveau, il faut croire, parce qu&#8217;à force de vivre dans un pays tellement <em>plusse beau</em> que les autres, on s&#8217;engourdit. Les feuilles d&#8217;érable et les fleurs de lys commanditées par millions, les campagnes promotionnelles gouvernementales, la désinformation médiatique, les intérêts économiques tous puissants, les panneaux publicitaires qui sont replantés plus vite que les arbres des forêts boréales&#8230; Oui, prendre un bon bain de chaleur humaine, de valeurs humanistes, d&#8217;idées, de solidarité et de résistance anti-impérialisme, ça rafraîchit !</p>
<p>Malgré tout ce que ce que certains intérêts politiques et économiques s&#8217;acharnent à nous faire croire, Cuba est un pays démocratique. Une nation socialiste avec des moyens de pays pauvre, sans aucun doute, mais avec des résultats qui n&#8217;ont rien à envier à ceux des pays riches. Une situation qui nous semble tellement paradoxale, à nous qui avons tant de difficulté à concilier le social et l&#8217;économique. Cuba est un pays dont la population est instruite, en santé, cultivée, politisée, conscientisée. Il y a 47 ans, en 1959, les cubains se sont révoltés contre le régime dictatorial de Batista. Auparavant, Cuba, république bananière, était le bordel des États-Unis, une belle cour-arrière à pour se divertir et se remplir les poches de ressources. Depuis la révolution, ce pays unique résiste comme aucun autre à une guerre économique sans égales.</p>
<p>Tous les Cubains, les représentants de l&#8217;État inclus, le reconnaissent aisément. Cuba n&#8217;est pas parfait. Mais la révolution n&#8217;est pas terminée. Le peuple la poursuit toujours, au quotidien, par des sacrifices et des combats admirables. Aujourd&#8217;hui, les Cubains ne se battent plus avec des fusils, mais avec leurs idées&#8230;</p>
<p>La suite&#8230; bientôt !</p>
<p>Sur cette première série de photos, un scène de spectacles du Campement International où nous avons passé une partie de notre séjour (dans le campement, pas sur la scène), des cubains travaillant à l&#8217;agrandissement de la maison de l&#8217;Institut cubain d&#8217;amitié avec les peuples de Santa Clara, des enfants jouant au baseball, une traversée de chemin de fer bien sympathique, la ville de Santa Clara et une plage locale.</p>
<div align="center">
          <a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba/F1000002.JPG"><br />
          <img src="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba_th/F1000002.JPG" width="100" height="100" /></a><br />
          <a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba/F1000012.JPG"><br />
          <img src="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba_th/F1000012.JPG" width="100" height="100" /></a><br />
          <a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba/F1000013.JPG"><br />
          <img src="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba_th/F1000013.JPG" width="100" height="100" /></a><br />
          <a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba/F1000016.JPG"><br />
          <img src="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba_th/F1000016.JPG" width="100" height="100" /></a><br />
          <a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba/F1000021.JPG"><br />
          <img src="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba_th/F1000021.JPG" width="100" height="100" /></a><br />
<a href="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba/F1020023.JPG"><br />
          <img src="http://www.moisemarcouxchabot.net/photos/06_cuba/cuba_th/F1020023.JPG" width="100" height="100" /></a>    </div>
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		<title>Départ pour Cuba</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Apr 2006 02:22:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrator</dc:creator>
		
	<category>Cuba</category>
	<category>Blogue</category>
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		<description><![CDATA[Je pars ce samedi pour Cuba. J&#8217;y serai du 22 avril au 6 mai, en tant que participant à une Brigade de la Table de concertation de solidarité Québec-Cuba.
Qu&#8217;est-ce que la Table de concertation de solidarité Québec-Cuba ?
[&#8230;] La Table de concertation de solidarité Québec-Cuba existe depuis janvier 2002 et regroupe plusieurs organisations à travers [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je pars ce samedi pour Cuba. J&#8217;y serai du 22 avril au 6 mai, en tant que participant à une Brigade de la Table de concertation de solidarité Québec-Cuba.</p>
<p>Qu&#8217;est-ce que la Table de concertation de solidarité Québec-Cuba ?</p>
<p>[&#8230;] La Table de concertation de solidarité Québec-Cuba existe depuis janvier 2002 et regroupe plusieurs organisations à travers tout le Québec.  La solidarité avec le peuple cubain à travers la diffusion de l&#8217;information factuelle sur Cuba, l&#8217;aide matérielle envers Cuba ainsi que l&#8217;organisation d&#8217;échanges culturels constituent ses principales formes d&#8217;activités. Elles témoignent de l&#8217;amitié qui lie les peuples québécois et cubain. [&#8230;]<br />
(<a href="http://quebecsolidaire.net/militer/comit-fabio-di-celmo-pour-les-5">http://quebecsolidaire.net/militer/comit-fabio-di-celmo-pour-les-5</a>)</p>
<p>Et la Brigade de la Table de concertation de solidarité Québec-Cuba ?</p>
<p>Cette première brigade officielle de la Table sera constituée par un groupe de 14 québécois et québécoises de tous âges et de tous horizons. Le thème portera sur l’Éducation. En effet, le Peuple Cubain est reconnu mondialement pour la qualité de son système d’éducation  qui est entièrement gratuit et accessible à tous, à tout âge. Nous pensons que nous avons quelque chose à apprendre de ce système et beaucoup d&#8217;inspiration à en tirer pour notre propre système d&#8217;éducation Québécois.</p>
<p>En général, les matinées seront consacrées à faire du travail volontaire dans les plantations ou en construction tandis que les après-midi et les soirées seront consacrés aux visites et aux activités culturelles.</p>
<p>Entre autres activités sont prévues:</p>
<p>- la visite d&#8217;une école de la province de Santa Clara</p>
<p>- une rencontre avec un Comité de Défense de la Révolution (CDR)</p>
<p>- la participation à la fête des travailleurs du 1<sup>er</sup> Mai à la Place de la Révolution à La Havane. En cette occasion, plus d’un million de Cubains viennent célébrer leur fierté tandis que plusieurs invités de marque, dont Fidel Castro, viennent prononcer des discours de solidarité avec les travailleurs du monde entier.</p>
<p>- une rencontre de solidarité avec les délégations étrangères dans le Palais des Conventions</p>
<p>- une conférence sur l’adaptation scolaire à Cuba</p>
<p>- une rencontre avec les autorités de l’ICAP (Institut Cubain d’amitié avec les Peuples)</p>
<p>- une rencontre avec les familles des 5 héros Cubains emprisonnés injustement aux États-Unis</p>
<p>- la visite du projet communautaire et culturel « Patio Pelegrin »</p>
<p>- la visite de l’école Latino américaine de médecine internationale</p>
<p>- une visite au musée d’alphabétisation</p>
<p>- &#8230;</p>
<p>Ce qui est prévu est déjà très prometteur, alors imaginez les imprévus !</p>
<p>Quelques suggestions</p>
<p>Ce voyage n&#8217;est pas relié directement au texte que j&#8217;avais écrit en 2004 sur Cuba pour le concours Messager des Amériques, mais il faut dire que depuis les recherches que j&#8217;avais faites à l&#8217;époque sur Cuba et sa situation politique, ma curiosité envers cette île n&#8217;est allée que grandissante. Je remets en ligne le texte en question (Désinformation à Cuba&#8230; et ailleurs), ou plutôt, le document où sont comparés mon texte original et celui publié (et transformé) par le quotidien La Presse. Les informations ne sont pas mises à jour, mais le texte demeure pertinent.</p>
<p><a href="http://site.voila.fr/moisemarcouxchabot2/desinformationalapresse.pdf">&gt; desinformation_a_la_presse.pdf</a></p>
<p>Pour ceux d&#8217;entre vous qui auraient envie de lire un peu sur Cuba, je vous propose une excellente lettre ouverte envoyée récemment par l&#8217;ancien sénateur Jacques Hébert à divers médias québécois. À ma connaissance, aucun ne l&#8217;a publié.</p>
<p><a href="http://site.voila.fr/moisemarcouxchabot2/lettre_de_cuba.pdf">&gt; lettre_de_cuba.pdf</a></p>
<p>Finalement, le lien suivant vous permettra de télécharger (en MP3) la dernière émission de Dimension Cubaine, sur Radio Centre-Ville, dans laquelle Philippe Leroux rencontre en entrevue trois autres participantes de la Brigade.</p>
<p><a href="http://www.cuba-nouvelles.com/rcv/DC060417.mp3"><br />
&gt; http://www.cuba-nouvelles.com/rcv/DC060417.mp3</a></p>
<p>Sur ce, bonne lecture, bonne écoute et à bientôt.
</p>
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		<title>Errance sans but ?</title>
		<link>http://moisemarcouxchabot.net/wp/2005/08/24/errance-sans-but/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Aug 2005 18:42:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrator</dc:creator>
		
	<category>Messager des Amériques</category>
	<category>Blogue</category>
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		<description><![CDATA[&#8220;El personaje que escribió estas notas murió al pisar de nuevo tierra argentina, el que las ordena y pule, yo, no soy yo, por lo menos no soy el mismo yo interior. Ese vagar sin rumbo por nuestra &#8220;Mayúscula América&#8221; me ha cambiado más de lo que creí.&#8221;
- Ernesto Guevara, &#8220;Notas de viaje&#8221; -
Sans commentaires. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;El personaje que escribió estas notas murió al pisar de nuevo tierra argentina, el que las ordena y pule, yo, no soy yo, por lo menos no soy el mismo yo interior. Ese vagar sin rumbo por nuestra &#8220;Mayúscula América&#8221; me ha cambiado más de lo que creí.&#8221;</p>
<p>- Ernesto Guevara, &#8220;Notas de viaje&#8221; -</p>
<p>Sans commentaires. C&#8217;est trop évident.</p>
<p>À quelques jours de mon retour, alors que tout semble se précipiter, je manque de temps pour raconter de grandes histoires ou envoyer de nouvelles photos. Je me dis que ça n&#8217;en fera que plus à raconter en personne&#8230;</p>
<p>Sachez quand même que je suis parti de Sucre vers Potosi. J&#8217;y ai visité les mines du Cerro Rico, mines d&#8217;argent qui ont permis le développement du capitalisme aux temps de la colonie et où les hommes travaillent et meurent toujours, creusant au pic et à la dynamite.</p>
<p>Je suis passé par le plus grand désert de sel du monde, le Salar de Uyuni, pour ensuite m&#8217;extasier devant les grandes étendues désertiques, les lagunes colorées, les flamants roses, les geysers sulfureux et les rochers de pierre volcaniques du Sud Lipez.</p>
<p>J&#8217;ai vu le soleil se lever à travers les vapeurs d&#8217;un geyser bolivien à 4900m d&#8217;altitude et le même soleil se coucher dans l&#8217;Océan pacifique le long des côtes chiliennes.</p>
<p>J&#8217;ai survécu aux 20 heures de bus-collectivo-bus entre Iquique et Nazca (Pérou), avec en prime les formalités de sortie du Chili, les formalités d&#8217;entrée au Pérou, les douanes de sortie du Chili, les douanes d&#8217;entrée du Pérou, les douanes de sortie de la zone franche (libre de taxes) de la région de Tacna (Pérou), un contrôle militaire d&#8217;identité de tous les passagers du bus et une fouille policière du bus à la recherche de marchandise de contrebande&#8230;</p>
<p>Je reviens dans moins d&#8217;une semaine maintenant. L&#8217;université m&#8217;attend et, j&#8217;espère bien, quelques uns d&#8217;entre vous aussi.</p>
<p>Au plaisir !</p>
<p>Le petit voyageur qui voudrait bien être grand
</p>
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		<title>Sur-vie et Café sucré</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Aug 2005 20:44:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrator</dc:creator>
		
	<category>Messager des Amériques</category>
	<category>Blogue</category>
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		<description><![CDATA[&#8220;La première condition pour changer la réalité consiste à la connaître.&#8221;
- Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l&#8217;Amérique latine -
&#8220;On ne laisse pas voir ce que j&#8217;écris, car j&#8217;écris ce que je vois. &#8221;
- Blas de Otero, poète espagnol antifranquiste -
Ici, je vois, je connais et j&#8217;écris. Et à défaut de changer le monde, je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;La première condition pour changer la réalité consiste à la connaître.&#8221;</p>
<p>- Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l&#8217;Amérique latine -</p>
<p>&#8220;On ne laisse pas voir ce que j&#8217;écris, car j&#8217;écris ce que je vois. &#8221;</p>
<p>- Blas de Otero, poète espagnol antifranquiste -</p>
<p>Ici, je vois, je connais et j&#8217;écris. Et à défaut de changer le monde, je change ma réalité.</p>
<p>Sur-vie</p>
<p>Quelques semaines de plus de vagabondage latino-américain pour moi. Et quel vagabondage ! Je suis resté à Santa Cruz jusqu&#8217;au 2 août (et non juillet). Ce jour-là, je me suis une fois de plus inséré sous mon sac à dos et je suis parti en direction de Samaipata, sur mon chemin vers Vallegrande. Après quelques essais infructueux pour trouver un autobus, je me suis rabattu sur une coopérative de taxis locale, où on attend jusqu&#8217;à ce que le véhicule soit plein, puis on part. Des plaines de Santa Cruz de la Sierra, j&#8217;ai commencé tranquillement à remonter vers les Andes, en passant par les vallées. Toujours, des paysages incroyables.</p>
<p>À l&#8217;arrêt de Samaipata, je devais avoir la tête dans les nuages car j&#8217;ai oublié de descendre. Quand j&#8217;ai réalisé mon oubli, nous étions déjà trop loin. Tant pis, me dis-je, je peux bien continuer jusqu&#8217;à Vallegrande&#8230; Sauf que le taxi arrêtait à Maraina, une vingtaine de kilomètres plus loin. Tant pis, me dis-je, je vais attendre le prochain minibus pour Vallegrande&#8230; Sauf qu&#8217;une demie-heure plus tard, on m&#8217;a appris que le dernier micro était déjà passé. Tant pis, me dis-je, je vais retourner à Samaipata en taxi&#8230; Une chance que cette fois j&#8217;ai réussi, car les trois jours suivants furent débordants d&#8217;une agréable combinaison de bonheur béat et de farniente sans soucis.</p>
<p>Samaipata est un petit village bien tranquille, assez touristique pour avoir des &#8220;infrastructures d&#8217;accueil bien développées&#8221; (merci, cours de géographie du tourisme!), mais assez authentique pour se mêler facilement à la vie locale. Quelques cafés sympathiques, une auberge géniale à prix génial, un climat parfait. J&#8217;ai assez vite fait la connaissance de Daniel (allemand), Michelle et Margot (deux soeurs belges), Clint (canadien) et Derik (irlandais), avec qui je me la suis coulé douce. De longues matinées à lire au soleil dans un hamac, de longs après-midi à nous baigner sous des chutes et à déambuler dans le village, de longues soirées à parler de tout et de rien sur la terrasse de l&#8217;auberge, verre de vin à la main&#8230; Comme disait Daniel, c&#8217;est le genre d&#8217;endroit où on pourrait se réveiller après trois mois sans avoir vu le temps passer.</p>
<p>Mais bon, trois jours plus tard chacun repartait de son côté. Le 5, j&#8217;ai loué un vélo de montagne et j&#8217;ai pédalé/sué jusqu&#8217;en haut d&#8217;une montagne, pour visiter les ruines El Fuerte de Samaipata. Un bon 90 minutes de montée sans arrêt. L&#8217;attrait principal du fort est son immense pierre centrale, de plus de 200 m de long, sculptée, gravée, creusée. Certains disent qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une piste d&#8217;atterrisage pour ovnis&#8230; Dans tous les cas, lieu mystique bourré d&#8217;énergie. La descente de la montagne fût presque aussi dure que la montée, considérant la qualité de la route et du vélo, dont le pied retombait tout seul à la moindre bosse. J&#8217;ai survécu et je suis revenu juste à temps pour attraper le bus vers Vallegrande.</p>
<p>Enfin, presque. Le premier m&#8217;a passé dans la face. Mais il y en avait un deuxième, où j&#8217;ai pû me trouver une petite place assis par terre dans l&#8217;allée. Je me suis endormi&#8230; Au réveil, le bus s&#8217;arrête. Dehors, la Coopérative agricole Vallegrande. Wow ! Ce fût rapide ! Je débarque, marche jusqu&#8217;à la place centrale, demande à quelqu&#8217;un s&#8217;il pourrait me recommander un bon hostal à Vallegrande. Sa réponse négative et son regard dubitatif commence à me faire douter. Je reviens sur l&#8217;Avenue principale et réalise que&#8230; Bordel ! Je suis seulement à Mairana, à 20 km de Vallegrande&#8230; Il me semblait aussi que les taxis me disaient quelque chose.<br />
Par chance, je réussis à embarquer dans le bus que j&#8217;avais manqué à Samaipata. Bondé lui aussi, je m&#8217;assois dans l&#8217;allée pour un trois heures de route de plus. J&#8217;arrive finalement à Vallegrande en fin de soirée. Au moment de payer une chambre, je réalise que je ne n&#8217;avais pas prévu passer trois jours à Samaipata. Ni y profiter de la vie autant. Il me reste une centaine de bolivianos (15$CA). Et ici, pas de guichet automatique. Tant pis, me dis-je en faisant un budget serré, je devrais pouvoir visiter Vallegrande le lendemain, partir vers La Higuera, visiter, dormir une nuit, attraper un véhicule quelconque et débarquer à Sucre le 7 en soirée. Sauf que, une fois de plus, quel fol optimisme&#8230;</p>
<p>Le lendemain matin, j&#8217;apprends qu&#8217;il n&#8217;y a qu&#8217;un camion par jour vers La Higuera, très tôt. Tant pis, me dis-je, nous sommes le 6 août, fête de l&#8217;Indépendance de la Bolivie, et je ne suis pas si pressé. Quelques parades plus tard, je visite la lavanderie de l&#8217;hôpital où fût montré au monde entier le cadavre d&#8217;Ernesto Che Guevara en 1967. Ainsi que le lieu où son corps et celui des autres guerilleros fût enterré en secret, avant d&#8217;être retrouvés et exhumés en 1997, pour êtres envoyés à Cuba.</p>
<p>Dimanche matin, 7 août, j&#8217;embarque dans un camion rempli de campesinos et nous partons vers La Higuera. Par montagnes et par vallées, parfois la tête dans les nuages, je débarque 5 heures plus tard à La Higuera après un court arrêt à Pucara. Au risque de me répéter, c&#8217;est à La Higuera que le Che a été capturé et exécuté en 1967, après 10 mois de guerilla contre le dictateur Barrientos. Le village est minuscule, une quinzaine de familles y vivent. Partout, des peintures en hommage au guerillero. Sur la place centrale, un buste gigantesque. Deux mini-musées (dont un dans l&#8217;école où il mourut), une intéressante bibliothèque et des montagnes partout autour. Après avoir fait le tour et parlé un peu avec les habitants (qui se rassemblent chaque dimanche soir pour jouer au ballon), je passe la nuit sur place. Le camion, le lit et le souper payés, il me reste un misérable 10 Bs en poche. Tant pis, me dis-je, je ferai du pouce jusqu&#8217;à Sucre.</p>
<p>Sauf que je dois d&#8217;abord retourner à Pucara, sur la route &#8220;principale&#8221;. Lundi, après 5-6 heures d&#8217;attente et aucun véhicule, Irma Rosado, vieille dame qui m&#8217;a cuisiné un souper la veille, me donne quelques pommes de terre rôties pour dîner, en échange de mes derniers sachets de thé. En prévision de moments difficiles, je mets une patate de côté&#8230; on ne sait jamais ! Puis, sac au dos, j&#8217;entame la marche vers Pucara, une douzaine de kms de montée plus loin. Après 45 minutes, un camion de bois m&#8217;embarque. À Pucara, j&#8217;attends jusqu&#8217;à 6h dans l&#8217;espoir d&#8217;attraper un véhicule vers Sucre. Rien. Les hommes du village me laissent passer la nuit dans la mairie, après avoir mangé un bout de pain que je trainais depuis Vallegrande et ma précieuse patate.</p>
<p>Mardi, au lever, je trouve deux biscuits soda qui traînent dans la mairie, ainsi qu&#8217;un fond d&#8217;eau dans une bouilloire, un fond de café dans une armoire et un fond de sucre à côté. Un légers remords de conscience me traverse l&#8217;esprit, mais je dérobe les dits biscuits et me fais un café.</p>
<p>Puis, de 8h à 18h, dans le froid et la poussière, j&#8217;attends sur le trottoir sur le bord de la mairie. Deux-trois autos passent dans la journée, mais toutes sont pleines. Je devais faire bien pitié sur mon trottoir, car en après-midi un homme est venu m&#8217;offrir un plat de riz et un morceau de poulet. Du maigre dos de poulet, il n&#8217;est resté que quelques os. La peau, le gras, même le coeur et les poumons qui y étaient, j&#8217;ai tout dévoré. Et encore une fois, j&#8217;ai mis la moitié du riz de côté.<br />
Vers 17h30, un bus en direction de Sucre passe. Plein. Débordant de plénitude. J&#8217;ai failli en pleurer.</p>
<p>La mairie fermée, une heure de plus étendu sur un banc, à me demander ce que je devais faire. Je grommelais en maudissant mon infortune lorsqu&#8217;une très vieille dame est venue m&#8217;offrir de passer la nuit dans sa maison. Pas bien riche, elle m&#8217;a quand même donné deux bouts de pain et un thé. Je me suis endormi très vite.</p>
<p>Au lever, mercredi, rien à manger, rien à boire. La vieille dame m&#8217;a demandé 10 Bs pour le lit. Je lui expliqué ma situation, mais elle n&#8217;a rien voulu entendre. Je lui ai donc cédé mes 10 derniers bolivianos.</p>
<p>De retour sur la place, je grommelais en maudissant mon infortune lorsque&#8230;<br />
Lorsque rien. De 8h à 18h, rien. Une auto vers Sucre, bien pleine. Et mes poches vides. Et hormis le petit peu de riz de la veille, mon ventre, aussi.</p>
<p>J&#8217;ai vendu mon sac de couchage à un homme du village. 60 Bs.</p>
<p>J&#8217;en ai sacrifié 2 pour m&#8217;acheter un petit paquet de biscuits sodas et 4 clémentines. Un festin ! Finalement, un autre bus passe. Aussi plein que la veille. Le chauffeur ne veut pas me laisser embarquer. Mais la vendeuse du mini-marché, témoin de ma déconfiture depuis trois jours, réussit à le convaincre. À genoux sur un sac de riz, dans une allée aussi bondée que les sièges eux-mêmes, sur une route qui mériterait à ses concepteurs la cour martiale, je quitte enfin Pucara. Six heures plus tard et 20 Bs de moins, arrêt obligatoire à Villa Serrano pour la nuit. Un léger hamburger et petite chambre minable me coûtent 22 Bs. Il m&#8217;en reste 16. Le lendemain matin, jeudi, j&#8217;enfile mes souliers (en fait, depuis 4 jours, je n&#8217;ai fait qu&#8217;enlever et remettre mes souliers pour dormir) et je vais quêter un bus pour Sucre avec mon peu de monnaie. Un chauffeur pas trop méchant me laisse embarquer. En route, je ressens un sentiment de délivrance intense. En milieu d&#8217;après-midi, enfin, je débarque à Sucre, capitale constitutionnelle de la Bolivie. Je dois même demander au taxi vers le centre-ville de me déposer près d&#8217;un guichet pour pouvoir le payer.<br />
Après ces privations, je me paie la traite. Un bon hôtel avec salle de bains privée, une douche chaude, un grand lit. Je vais dîner à côté dans un restaurant allemand, où je rencontre avec plaisir Daniel, l&#8217;Allemand de Samaipata ! Mon premier breuvage en 40 heures, mon premier vrai repas en 3 jours, je me paie la traite avec un gratin de tomates au basilic et un gâteau au chocolat de 20 cm de haut. Et ca se poursuit en soirée dans un resto français, salade d&#8217;écrevisse, truite grâtinée au rochefort, jus de papaye, salade de pétales de roses, puis dans un café, crèpe au bananes nappée de crème et de chocolat et capuccino-amaretto&#8230;</p>
<p>Après avoir sous-vécu pendant 4 jours, j&#8217;ai sur-vécu pendant quelques heures. Quel bonheur !</p>
<p>Depuis, j&#8217;ai visité une tonne de musées, une bonne quantité d&#8217;églises et une paroi de 100 m par 2 km remplie d&#8217;empreintes de dinosaures. Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie, mais surtout sa capitale culturelle, débordant d&#8217;art colonial, d&#8217;architecture baroque, d&#8217;églises splendides, de trésors inestimables&#8230;<br />
Mais dans quelques heures, je pars vers Potosi. De là, je prévois aller à Uyuni, faire une expédition de quelques jours dans le Salar de Uyuni, traverser au Chili puis remonter vers le Pérou.</p>
<p>Café sucré</p>
<p>J&#8217;étais dans ce café à Sucre, coeur culturel de la Bolivie. Nous parlions français, anglais, espagnol, allemand, italien et même quelques mots de portugais. Je ne connais pas leurs noms. Ils ne connaissent pas le mien.  Le temps d&#8217;une pointe de gâteau au chocolat, nous avons partagé nos origines et nos destinations. Bien que nos racines n&#8217;avaient rien en commun, nos branches ont frémi du même souffle un instant.</p>
<p>Et soudain je vois le monde entier.</p>
<p>De vos yeux.</p>
<p>Mon plus vieux frère en Allemagne. Rémi qui se promène en Europe. Adrien et Sophie en France. Dave, François G., Joëlle, Daphnée et Thomas au Vénézuela. François T. quelque part au Pérou. Bruno qui revient de Bolivie. Alex qui part bientôt pour l&#8217;Amérique Centrale. Émilie qui vagabonde toujours en Nouvelle-Zélande. Doum et ses 28 projets. Les autres qui m&#8217;échappent&#8230;</p>
<p>Quelle belle bande de voyageurs vous faites !</p>
<p>Le plus beau là dedans, c&#8217;est que nous reviendrons tous au Québec&#8230;</p>
<p>Avec des racines aussi entrecroisées et tenaces, ce n&#8217;est pas étonnant. Et encore plus naturel sera le feuillage foisonnant de vie auquel nos retours donneront naissance.</p>
<p>Dar a luz&#8230;</p>
<p>Mettre au monde un nouveau monde.</p>
<p>Mon frèrot, lui, se lance dans un autre voyage. Un qui les vaut tous. Enraciner un nouvel arbre dans une belle forêt comme la nôtre vaut toutes les ruines antiques du monde, aussi majestueuses soient-elles.</p>
<p>Que ceux qui restent partent.</p>
<p>Que ceux qui partent reviennent.</p>
<p>Et que ceux qui reviennent fassent l&#8217;amour.</p>
<p>À vous tous, mes amis, je lève mon sombrero.</p>
<p>Et à vous deux, Gabriel et Audrey, je voue toute mon admiration.
</p>
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		<title>En attendant le texte, les images</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Aug 2005 01:18:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrator</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
En attendant le récit de mes dernières aventures, quelques photos:
(Si vous avez l&#8217;oeil, vous remarquerez que ces photographies ont été prises avec mon 35mm et digitalisées. Que voulez-vous&#8230; mon appareil numérique s&#8217;est perdu quelque part entre Trinidad et Santa Cruz&#8230;)
Mon bateau de croisièreLe fleuve Mamoré au crépuscule
La Cathédrale de Santa Cruz
 Le village de Samaipata
Las [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/1600/photo534.jpg" /></p>
<p>En attendant le récit de mes dernières aventures, quelques photos:<br />
(Si vous avez l&#8217;oeil, vous remarquerez que ces photographies ont été prises avec mon 35mm et digitalisées. Que voulez-vous&#8230; mon appareil numérique s&#8217;est perdu quelque part entre Trinidad et Santa Cruz&#8230;)</p>
<p align="center">Mon bateau de croisière<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/1600/photo4.jpg"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo4.jpg" /></a>Le fleuve Mamoré au crépuscule<br />
<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/1600/photo3.jpg"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo3.jpg" /></a>La Cathédrale de Santa Cruz<br />
<img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo61.jpg" /> Le village de Samaipata<br />
<img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo81.jpg" />Las Cuevas, près de Samaipata<br />
<img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo9.jpg" />Les mêmes chutes et une vache qui profite du sable chaud<br />
<img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo11.jpg" /> Les ruines El Fuerte de Samaipata<br />
<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/1600/photo23.jpg"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo23.jpg" /></a>Cabine téléphonique de Vallegrande<br />
<img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo27.jpg" />Lavanderie où fût exposé le cadavre d&#8217;Ernesto Che Guevara, à Vallegrande <img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo37.jpg" /></p>
<p align="center">Au détour d&#8217;une rue (Vallegrande)</p>
<p><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo393.jpg" /></p>
<p align="center">Scène de marché (Vallegrande)<br />
<img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo423.jpg" /></p>
<p align="center">En route vers La Higuera<br />
<img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo433.jpg" /></p>
<p align="center">La Higuera (où le Che fût exécuté)<img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo454.jpg" /></p>
<p align="center">Irma Rosado, vieille dame de La Higuera<img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/1995/374/320/photo534.jpg" /></p>
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		<title>Un long fleuve tranquille</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Aug 2005 17:43:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrator</dc:creator>
		
	<category>Messager des Amériques</category>
	<category>Blogue</category>
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&#8220;El Mar nos pertenece por derecho, recuperarlo es un deber.&#8221;
(La mer nous appartient de droit, la récupérer est un devoir.)
- Devise des Forces Navales Boliviennes -

Devise pleine de ressentiment, faisant référence à la perte d&#8217;une large portion du territoire bolivien en 1879, lors de la Guerre du Pacifique. Tout son accès à la mer a [...]]]></description>
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<div>&#8220;El Mar nos pertenece por derecho, recuperarlo es un deber.&#8221;</div>
<div>(La mer nous appartient de droit, la récupérer est un devoir.)</div>
<div>- Devise des Forces Navales Boliviennes -</div>
<div></div>
<div>Devise pleine de ressentiment, faisant référence à la perte d&#8217;une large portion du territoire bolivien en 1879, lors de la Guerre du Pacifique. Tout son accès à la mer a été perdu, au profit du Chili. Encore aujourd&#8217;hui, le souvenir de cette perte est présent dans le coeur de tous les Boliviens. Et les Forces Navales se contentent de silloner les différents fleuves.</div>
<div></div>
<div>Parlant de fleuves&#8230; On dit parfois que la destination n&#8217;a pas d&#8217;importance, que c&#8217;est le chemin pris pour s&#8217;y rendre qui compte. Il semble que j&#8217;aie appliqué cette formule à une partie de mon voyage. Embarqué le 23 juillet sur un bateau à Trinidad, j&#8217;ai descendu le Rio Mamoré pour débarquer le 29 à Guayaramerin, à la frontière du Brésil. Sans intentions aucunes de traverser la frontière.</div>
<div>Mon aventure, c&#8217;était le bateau. Et je suis bien tombé. Bon, pas la première fois, mais la deuxième, oui. Jai d&#8217;abord attendu 4 jours à Trinidad, un capitaine m&#8217;ayant promis son départ pour vendredi, puis samedi&#8230; puis mardi ! Après cette dernière rencontre, je suis retourné à Puerto Almacén. Une promenade sur la rive, quelques questions au sergent de la marine à la capitainerie, la recherche du bateau (pas trop difficile vu la quantité), un commandant qui accepte de me prendre à bord, un aller-retour à la ville pour récupérer mon sac à dos et me voilá embarqué.</div>
<div>Le bateau ? Le San Jorge. Un rafiot en bois d&#8217;environ 10 mètres par 4, premier étage style cargo, un gros moteur au diesel au milieu, et un deuxième étage avec une cabine pour le commandant, quelques tables, deux couchettes et trois hamacs. Dont le mien. L&#8217;équipage ? Un commandant, sa femme et leurs deux fillettes, quatres hommes, deux garçons et quelques poulets.</div>
<div>Bien sûr, ces bateaux ne voyagent pas 1000 km pour le simple plaisir d&#8217;être sur l&#8217;eau. Ils transportent des marchandises en tout genre et pour rentabiliser le voyage, ils remorquent (ou poussent) trois ou quatre bacs/cargos du même format. Dans notre cas, la marhandise principale était des vaches. Et oui, la région du Béni est une région de grands élevages, de cuir, de chapeaux de cowboys et de steaks saignants.</div>
<div>Mais&#8230; je prévois écrire un article sur ma descente de fleuve&#8230; Alors tant pis pour vous, je conserve l&#8217;exclusivité de cette histoire pour plus tard !</div>
<div></div>
<div>Arrivé à Guayaramerin, sous une chaleur amazonienne, je dois avouer que j&#8217;ai été tenté quelques instants par une traversée de quelques jours au Brésil. Mais après vérification, le voyage de retour vers Santa Cruz de la Sierra aurait pris trois jours en bus. L&#8217;avion a du bon, des fois&#8230; Et comme la liaison Guayaramerin/Santa Cruz se fait une fois semaine, précisément le lendemain, je suis resté un petit 24 heures là-bas. Le temps de visiter la ville , de boire une dizaine de jus de fruits/limonades/liqueurs et de me taper Delta Force II de Chuck Norris dans la salle de cinéma locale&#8230;</div>
<div>Le 30, petit vol en avion jusqu&#8217;à Santa Cruz. (Ici, on oublie le chemin, tout ce qui compte c&#8217;est la destination !) Il s&#8217;agit de la plus grande ville du pays, centre économique et industriel très développé. D&#8217;ailleurs, dans les conflits de mai-juin, la région de Santa Cruz était de l&#8217;autre côté de la balance: ils ne veulent pas des réformes sociales, ils veulent plus d&#8217;autonomie&#8230; les réserves d&#8217;hydrocarbures étant sous leurs pieds.</div>
<div>Après prsque trois semaines dans les Yungas et le Béni, sur le fleuve et en Amazonie, j&#8217;ai pu laver mon linge&#8230; Ouf.</div>
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<div>Pour vous dire comment Santa Cruz est développée, il y a de vrais supermarchés un peu partout. Et dans ces supermarchés, en fouillant un peu, on trouve pas 1, pas 2, mais jusqu&#8217;à 6 sortes de beurre de peanut !</div>
<div>Et enfin, j&#8217;ai pu voir &#8220;Di buen día a papá&#8221;, hier soir. Pour rester dans le même esprit, je repars dans quelques jours vers Vallegrande et La Higuera, où le film a été tourné et oú Ernesto Che Guevara est mort en 1967. Et ensuite Sucre. (Au fait, si je me souviens bien, Bruno du CIREM est dans le coin&#8230; quelqu&#8217;un a son courriel ?)</div>
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<div>Oh. 1er août. Premier jour de mon dernier mois. Wow.</div>
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		<title>Trinidad</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Jul 2005 02:23:00 +0000</pubDate>
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		<title>De Trinidad</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Jul 2005 02:21:05 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Et voilà, j&#8217;ai dépassé la moitié de mon voyage. Après plus de cinquante jours en Amérique du Sud (ce n&#8217;est pas tant que ça, au fond&#8230;), je me retrouve à Trinidad, capitale du Béni, deuxième plus grande province de la Bolivie, sirotant une Fanta (orangeade) bien froide et profitant de cette belle soirée hivernale à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Et voilà, j&#8217;ai dépassé la moitié de mon voyage. Après plus de cinquante jours en Amérique du Sud (ce n&#8217;est pas tant que ça, au fond&#8230;), je me retrouve à Trinidad, capitale du Béni, deuxième plus grande province de la Bolivie, sirotant une Fanta (orangeade) bien froide et profitant de cette belle soirée hivernale à 25ºC. Trinidad est aux limites de l&#8217;Amazonie: dans ce coin de pays, il n&#8217;est pas surprenant de croiser un homme avec carabine au dos et couteau à la ceinture. Ou un autre à vélo, avec une machette sur le guidon. En fait, l&#8217;ambiance tire plus sur le Far-West que sur les Andes dans cete région de grands élevages bovins. Et même si les charettes ne manquent pas, les cowboys boliviens ont remplacé le cheval par la moto. Que de motos ! Dans les rues de Trinidad (80 000 habitants), on compte au moins 15 motos ou mobylettes pour une voiture. Et il doit bien en avoir la moitié qui sont des taxis, avec des chauffeurs tous identiques, jeans, t-shirt et  casquette, qui vous amènent où vous voulez en ville pour 2.50 bolivianos.</p>
<p>Je parlais de soirées hivernales plus tôt. En fait, je crois que je viens de passer au travers de l&#8217;hiver. Pendants trois jours, le ciel était couvert de nuages, il ventait et la nuit, il faisait un peu froid. Exceptionnel. Enfin, pour cette région, parce qu&#8217;en ce moment, dans les montagnes, il fait -10 la nuit. Sans aucun système de chauffage. Les nuits sont froides à La Paz&#8230;</p>
<p>Justement, j&#8217;ai eu droit à un petit moment bien québécois quand j&#8217;étais à La Paz. Un soir, j&#8217;ai allumé la radio et je suis tombé sur Radio-France International, qui diffusait en direct du Festival d&#8217;Été de Québec. Et oui, j&#8217;ai eu droit au merveilleux thème d&#8217;ouverture du Festival et, qui sait, peut-être vous ai-je entendu crier&#8230;</p>
<p>Ça se passait à l&#8217;hostal Carretero, ma meilleure maison de passage jusqu&#8217;ici. Parce que c&#8217;était une vraie auberge de jeunesse, comme on en voudrait dans toutes les villes. Juste le bon degré de saleté, une cuisine avec des vieilles casseroles noires et bosselées, une aire commune où il y a toujours quelqu&#8217;un avec qui discuter&#8230; juste en une soirée, j&#8217;y ai croisé 2 Colombiens, 1 Brésilienne, 1 Autrichienne, 2 Suisses, 1 Irlandaise, 3 Anglais, 1 Néo-Zélandais, 3 Argentins et quelques Boliviens des régions.</p>
<p>Alors que j&#8217;étais encore dans la capitale, je me suis rendu compte que mon visa de touriste de 30 jours ne me permettrait pas de réaliser tous mes plans. Je me suis donc levé un bon jour avec comme plan bien précis de changer un chèque de voyage, envoyer un colis à la maison, faire allonger mon visa à l&#8217;Immigration, passer au Consulat du Canada et finalement aller au marché&#8230; Ah fol optimisme !</p>
<p>Avant tout, un bon déjeûner. Une fois terminé, je me dirige vers la banque (Banco Mercantil, quel nom !), ou je suis redirigé au bureau de change Sudamer, qui me ferme dans la face. C&#8217;est vrai, de midi à 2h, il n&#8217;y a pas grand chose d&#8217;ouvert. Mais bon, pas de problème, je trouve un guichet automatique&#8230; qui est &#8220;incapable de réaliser la transaction&#8221;. Le deuxième guichet est hors d&#8217;usage, mais quelques rues plus loin, un troisième accepte de me laisser sortir 300 Bolivianos. Génial, je me rends au Correo Central, où une gentille dame m&#8217;apprend que les envois  internationaux doivent recevoir l&#8217;approbation de la douane. Et la douane est fermée jusqu&#8217;à 14h45&#8230; Bon. Hop à l&#8217;Immigration, dans ce cas. &#8220;Vous avez besoin de photocopies de votre passeport puis vous devrez vous rendre à l&#8217;immeuble en face.&#8221; Quelques photocopies plus tard, le portier de l&#8217;Immigration II me renvoie à l&#8217;Immigration I, où on me renvoie à l&#8217;Immigration II, cette fois en me précisant le kiosque 12. À l&#8217;Immigration II, le portier tente d&#8217;abord de me renvoyer une autre fois en face, pour finalement me laisser entrer. Le kiosque 12 est fermé jusqu&#8217;à 2h&#8230; Je me décide à laisser passer le temps dans un café tout près, puis, arrivé 2h, je retourne voir mon joyeux portier. Le reste suit dans une merveilleuse enfilade de formalités, de signatures, de files et de formules de politesse, en passant du kiosque 12 au 9 puis au 8, où le préposé m&#8217;annonce (surprise) que le délai est de 24 heures et que je dois revenir le lendemain à 16h. Au moins ils ont mon dossier. Retour au  Correo Central, passage à la Douane: &#8220;Non monsieur, avant de passer à la Douane vous devez passer au contrôle des Narcotiques.&#8221; Par chance il ne m&#8217;était jamais passé par la tête d&#8217;envoyer quelques kilos de cocaine au Canada&#8230; Une dame des Narcotiques fait la revue complête de mon colis, qui est ensuite révisé par un Douanier, pesé par un préposé, payé puis envoyé. Je suis crevé et ma journée se finit là. La maison des fous, ça vous dit quelque chose ?</p>
<p>Le 13 juillet, je suis parti de La Paz vers 8h avec une agence. Un peu plus loin, à La Cumbre (4700m), notre petit groupe de 6 touristes et 2 guides s&#8217;est équipé pour une descente en vélo de montagne. (Il semble que je suis chanceux pour les prix: le guide m&#8217;a discrètement demandé de ne pas dire aux autres que j&#8217;avais payé presque la moitié moins cher qu&#8217;eux&#8230;). La première partie de la descente n&#8217;était pas très compliquée, la route étant asphaltée. De la vitesse, des précipices, quelques camions&#8230; Mais une heure plus tard, après une petite montée (qui ne paraissait pas si petite que ça avec l&#8217;altitude), et une traversée de travaux routiers, le vrai défi a commencé. Parce que c&#8217;est à partir de ce point que commence pour vrai la route reconnue comme étant la plus dangereuse du monde (à cause du nombre impressionnant de véhicules (et de cyclistes&#8230;) qui plongent chaque année). Cette route ne tiendrait pas la comparaison avec mon 5e rang&#8230; Bien agrippé à mes freins, je  suis reparti avec le groupe. Deux heures plus tard, 63 kilomètres plus loin, 3500 mètres plus bas, un embouteillage, beaucoup de poussière, quelques frissons dans le dos et aucun accident, je suis arrivé tout tremblant à Yolosa. Après trois heures crispés sur les freins, les muscles de mes doigts (oui oui, les doigts ont des muscles) ont pris trois jours à s&#8217;en remettre. Et mes ampoules commencent à disparaître. Mais bordel que ça en valait la peine !</p>
<p>Quelques jours passés dans les Yungas (la région au Nord de La Paz à mi-chemin entre les Andes et la jungle)  puis je suis reparti vers Rurrenabaque, en Amazonie. Première partie du trajet sur le toit d&#8217;un minibus puis deuxième partie dans un bus presque confortable. Une quinzaine d&#8217;heures avec à ma gauche une maman et sa petite fille, et sur mes genoux leur petit chiot. Sans aucune ironie, c&#8217;était un vrai plaisir de pouvoir jouer avec Negra pendant ce long voyage cahoteux. À mon arrivée à Rurre, à 4 heures du matin, je me suis tapé une jasette d&#8217;une heure sur le coin d&#8217;un trottoir avec Negro Pinto, un ivrogne de la place.</p>
<p>Le plus gros attrait de Rurrenabaque, ce sont les tours dans la <em>selva</em> ou dans la <em>pampa, </em>faits sur mesure pour que le touristes puissent voir des crocodiles, couper quelques lianes à la machette et se sentir aventuriers pour de vrai. J&#8217;exagère peut-être le côté gringo, mais c&#8217;est l&#8217;impression que j&#8217;ai eu. Alors je suis reparti avec comme destination Trinidad. Ce fût une de mes meilleures décisions jusqu&#8217;ici, pour les géniales aventures que j&#8217;ai vécues ces derniers jours.</p>
<p>Une heure après être partis de Rurre, le minibus rempli à ras bord nous a lâché, un essieu tordu ou quelque chose du genre&#8230; Le chauffeur a tenté une réparationde fortune qui a lâché aussi une centaine de mètres plus loin. Une autre heure plus tard, je suis donc embarqué sur le dessus d&#8217;une van remplie de bois avec quelques autres passagers. Un voyage d&#8217;enfer, dans la poussière (je vous ai parlé de la comparaison entre ces routes et mon rang ?), le vent (l&#8217;hiver commencait), le froid et la faim (m&#8217;étant levé à la dernière minute, j&#8217;avais manqué le déjeûner). Cinq heures plus tard (pour 70 km), arrivée à Yucumo, où je suis embarqué dans un minibus pour San Borja avec mes compagnons d&#8217;infortune. C&#8217;était une van du style &#8220;Econoline&#8221; à 12 sièges. Nous étions 30. Et de ces 30, personne sur le toit, je vous le dis&#8230;</p>
<p>Finalement, un autre deux heures trentre de plus et je suis arrivé à San Borja. Mariela, une fille du coin qui venait de passer au travers de la même journée que  moi, m&#8217;a gentiment offert l&#8217;hébergement dans la maison de sa tante, ce que je n&#8217;ai même pas pensé refusé. Ce fût une merveilleuse petite pause de 24 heures avec une vraie famille locale, loin du circuit touristique habituel (qui ne passe même pas dans cette ville de toutes façons). J&#8217;ai dormi sous moustiquaire pour la première fois et j&#8217;ai mangé une soupe banane et boeuf dans cette petite cabane trois pièces, avec le coq, les poules, les chiens, le cochonnet et le perroquet dans les jambes, avec Mariela, ses trois tantes, son oncle, son frère et ses cousins. J&#8217;ai goûté à l&#8217;hospitalité bolivienne, l&#8217;authentique.</p>
<p>Le lendemain, j&#8217;ai attendu deux heures au poste de péage pour enfin me trouver une camionette qui allait vers Trinidad (jusqu&#8217;à San Ignacio, en fait). Roulé en boule dans la boîte, j&#8217;ai même dormi un peu. Une nuit à San Ignacio, un camion, quelques traversées de rivières et de fleuves en bac et me voilà à Trinidad.</p>
<p>D&#8217;ici, je veux partir vers Guayaramerin, à la frontière avec le Brésil. Six jours en bateau, sur le fleuve Mamoré, en pleine Amazonie. Je me suis arrangé hier avec le capitaine d&#8217;un vieux rafiot, qui devrait partir samedi.</p>
<p>Ah et puis l&#8217;OQAJ a même ouvert une page internet juste pour moi, quand même&#8230;</p>
<p><a href="http://www.oqaj.gouv.qc.ca/francais/n020705.html" />
</p>
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